KROTAL EN MODE « CAMEROUN NA YAH » : EXPRESSION TRADITIONNELLE D’UN RAP « MADE IN AFRICA »

Le rappeur Krotal fait encore parler de lui en tant que MC encré dans un environnement culturel et traditionnel riche de sens, de valeurs et de significations. Il offre une autre facette de la personne artistique qu’il incarne avec l’utilisation des genres musicaux et des langues. Le titre Cameroun Na Yah a connu la participation de Jahel, artiste rappeur et membre du groupe Ndabott Family.

« Cameroun Na Yah » : expression traditionnelle  d’un rap « Made In Africa »

Après le clip « A Di Find My Gari » en duo avec Magasco, le rappeur Krotal est revenu avec un nouveau clip « Cameroun Na Yah » extrait de l’album Cœur De Lions Peaux De Panthères Vol 2. Il fait usage de sa langue maternelle et associe à son rap au reggae puisque le beat a des allures d’afro reggae avec quelques cadences traditionnelles. Il est vêtue en boubou (vêtement traditionnel), symbole de la culture africaine et bantoue. Le contexte dans lequel le clip est tourné, est purement africain avec des quartiers populaires, les bas fonds, les maisons en terre battue, les danseurs traditionnels, les bananiers et la terre rouge. Krotal relate les réalités du Cameroun dans lequel il vit, les difficultés aux quelles font face les jeunes, les rêves de ces derniers et l’inertie des politiques.

La participation et le soutien de Jahel à l’esprit du titre « Cameroun Na Yah »

Il prône pour une Afrique positive et ambitieuse qui ne doit pas se faire duper et tromper par l’Occident. Le continent noire doit prendre son destin en main et aller à la quête de sa propre autonomie. Il manifeste son mécontentement pour les jeunes africains acculturés qui ne s’identifient pas à un élément de référence. Il apporte purement un appui à l’esprit, la pensée et le titre de cette chanson de Krotal. La dénonciation de l’échec et de la torture des politiques vis-à-vis du peuple est également évoquée. Cette description des réalités camerounaises par Jahel est une somme d’arguments et une contribution au message véhiculé sur ce titre.

 

Mots clés : rap, krotal, rap africain, hip hop, tradition, jahel

 

 

 

« PETITE SOEUR » D’ALEX FEAT. SADRAK : FUSIONS DES RYTHMES ET USAGE D’EXPRESSIONS POPULAIRES

Après « Le pays est sucré » et « Nyangalement », Alex, l’artiste rappeur « camerounais » d’origine française  est revenu avec un nouveau clip intitulé Petite sœur. Il a collaboré sur cette nouvelle chanson avec Sadrak , artiste et membre du groupe Negrissim qui a apporté une touche africaine et camerounaise.

« Petite sœur »: le message dans un mélodie dansante

Alex et Sadrak parlent du quotidien des jeunes filles en quête de vie facile qui recherchent un homme aisé et riche qui les fera découvrir la belle vie et qui les fera manger les « merveilles » du monde. Les deux artistes expliquent qu’elles sont prêtes à tout et s’en vont même sur internet pour trouver un européen. La voix féminine qui fait le refrain, le dit si bien  » Je cherche pas un djo qui est beau, je veux moi mon gars qui a les do, il va me faire voyager hé ho ha hé ho haaa on va bien manger hé ho haa hé yoyo ». Alex et Sadrak répliquent en disant « No make erreur petite sœur, no make erreur petite sœur no go shake  (…) no go playam, na ba jongleur ». Elles s’exposent à des dangers lorsqu’elles se lancent dans la vie facile et la débauche puisque c’est une erreur de leur part. Cette chanson parle également des tenues légères que ces filles et adeptes de la vie facile, dont elles portent et prennent comme une référence.

Utilisation des expressions populaires et fusion des rythmes urbains et bantous

Je tiens d’abord à souligner l’adaptation d’Alex qui s’imprègne des réalités camerounaises. Cette attitude s’explique à travers l’utilisation de l’argot du bled et d’autres expressions populaires « le blanc d’eyenga », « falla », « muna », « lep » ou « shake ». Sadrak a une expérience car il utilise des expressions traditionnelles dans ses lyriques tels que « miondo » , »falla…un kossa » , »soya » « ayo mama, eyo papa » ou encore « les weys ndole ». Sans oublier des termes imaginatifs « voiture amphibi », « ceinture Nokia », « string Samsung », « soirée Tecno », « coiffure Samsung » ou encore « chaussure whatsappe ». L’usage des expressions propres au contexte camerounais  permet à chacun de s’identifier.

Les xylophones retentissent dans la mélodie de cette chanson, la présence des cadences traditionnelles ou locales est très effective et apporte un gout vivant au tempo et au rythme de ce son. Les percussions et les battements sont purement Hiphop et on ressent les instruments traditionnels qui sont joués et associés. C’est une autre marque de rap africain avec les réalités locales telles la vie dans les ghettos (quelque part à Deido), les coins reculés, les vendeurs de soya ou encore une mère vêtue en kaba.

 

Mots clés : rap africain, hip hop, makossa, saveurs traditionnelles, rythmes urbains

 

 

 

« MANGOSI » DE NGOMA : UNE MARQUE DU RAP AFRICAIN MAIS LE COUPLET DE NERNOS POSE UN PROBLÈME DE FOND

Le rappeur Ngoma est l’auteur du titre « Mangosi » qui est une marque et un exemple parmi tant d’autres du Rap africain. Les référents du contexte camerounais sont présents et il surfe en mode fun, bling bling et fiesta. Il collabore sur ce son avec d’autres rappeurs tels que Kikoh et Nernos. Cependant, la partition de Lekamsi Nernos pose un problème que nous allons étudier ensemble.

Un exemple du Rap africain aux allures « Bling Bling »

« Mangosi » signifie dans le contexte camerounais le bois (en Bassa) et nous savons tous que le bois est dure. Cette chanson précise après avoir vécu dans les ghettos ou d’autres quartiers difficiles et des moments de dure labeur, un battant récolte les fruits de son travail et fait la fête pour profiter au maximum du temps présent en compagnie des amis. Ngoma le fait savoir dans sa chanson, puis nous le voyons via le clip profiter de chaque moment avec ses potes et les filles sur un petit et mini bateau. Kikoh est très original dans son couplet à travers sa « vibe » et l’utilisation de sa langue maternelle et un peu d’argot. Il n’ y a aucune désinvolture dans sa façon de faire.

Le couplet de Nernos pose un problème de fond

Nous comprenons clairement Nernos lorsqu’il exécute son couplet et nous nous rendons compte que cela soulève les préoccupations suivantes :

  • Une répétition dans le même couplet : Nernos se répète dans son couplet lorsqu’il dit « Makossa don die, il est mort éééééé c’est notre tour de briss, ça fait mal, le Makossa est mort oui c’est bien, ça me plait, is fine ». En plus, c’est comme s’il n’avait rien à dire au point de dire la même chose. 
  • Inadéquation entre le titre de la chanson et son couplet : son couplet n’ a rien à voir avec le titre du son et le refrain en terme de fond. On dirait qu’il est hors sujet et n’a pas mesuré l’ampleur des mots qu’il avance.
  • Un manque de respect à l’égard des artistes Makossa : lorsqu’il dit : « Makossa don die, il est mort éééééé c’est notre tour de briss, ça fait mal, le Makossa est mort oui c’est bien, ça me plait, is fine » . Il dénigre et exprime du mépris voire de la raillerie à l’égard des artistes qui fondé, honoré et amené hors des frontières du Cameroun cette discipline et genre musical qu’on appelle le Makossa.

 

 

 

 

 

LE CLIP « ADORE YOU » DE STANLEY ENOW FEAT. MR EAZI : A LA CONQUETE DES HITS ET DES SOMMETS

Le rappeur Stanley Enow arrive depuis quelques semaines avec un nouveau clip « Adore You » qui voit la collaboration et la participation du célèbre artiste et chanteur ghanéen Mr Eazi. Le clip fait son chemin de conquête afin de tutoyer les sommets et les hits parades africains et mondiaux.

La conquête probable des sommets et des hits

La plus grande force de ce chef d’œuvre n’est autre que la participation de Mr Eazi, un artiste qui pèse musicalement sur le continent africain et qui connait le succès dans le domaine en question. Stanley Enow dispose de cette force et de cet atout mais n’oublions pas qu’il a gagné un Africa MTV en 2014. Le beat de cette chanson est une crédibilité énorme puisque son originalité et sa vréation ont convaincu Mr Eazi qui en a été séduit et a accepté de travailler avec le Kingkong. Le clip est réussi via la réalisation et les mises en scène qui l’accompagnent.

Certes, les lyriques ne sont pas assez garnis mais la précision et la concision sont présentes dans les paroles. En plus, le message est clair et est très porteur pour ce son qui place Stanley Enow dans une posture confortable. Ce clip continue de faire de lui et va montrer une fois de plus que les collaborations panafricaines sont remarquables afin de gagner l’estime et d’autres récompenses.

 

EXPOSITION EN HOMMAGE AU KING DIKA MPONDO AKWA, PATRIARCHE ET SOUVERAIN BANTOU

Une exposition historique et didactique en la mémoire du King Dika Mpondo Akwa s’est tenue du 05 au 12 juillet 2017 à la salle des fêtes d’Akwa. Une aubaine de renouer et de partager ensemble l’histoire de la dynastie Akwa et de la culture camerounaise.

Le King Dika Mpondo Akwa est le souverain et le signataire plénipotentiaire du traité germano-camerounais du 12 juillet 1884. Des photos mises à la disposition du public venu nombreux, sont soutenues par des supports rangés les uns après les autres. Les visiteurs contemplent les portraits à partir desquels les guides relatent l’histoire de ce grand patriarche. Ces images retracent la dynastie Akwa, l’occupation allemande et les résistants.

Les guides sont vêtus en « Sandja », un vêtement traditionnel et symbole de la culture Sawa. Ils échangent avec les visiteurs qui ne cachent pas leur sentiment et écrivent dans le livre d’or, ce qui les a marqué au cours de cette exposition. C’est une occasion pour les camerounais d’approprier de nouveau leur patrimoine, de partager ensemble l’histoire de leur pays et de communier avec les générations qui n’ont pas connu l’époque du King Dika Mpondo Akwa.

 

 

 

 

 

NEW : NABILA NOUS LIVRE LE CLIP « ÇA IRA »

Le nouveau clip de la chanteuse Nabila joue déjà le love dans les bacs. Le clip « Ça ira » est disponible depuis hier et elle balade les uns et les autres dans l’univers de la douceur et l’amour. Le clip est produit par Edi Ledrae et réalisé par NS Pictures.

Le clip en question

Nous avions fait un article sur le son audio de « Ça ira » et il est question pour nous de parler brièvement du clip. Tout se déroule dans la salle de séjour d’une maison, une dispute nait et son mec manifeste son acrimonie puis s’en va. Ils sont dans la même pièce mais distant. Elle se triste et frustrée et va vers lui avec beaucoup de courage pour savoir ce qui ne va pas. Il ne l’adresse pas la parole, la tristesse s’en mêle et elle est toujours auprès de lui. Au final, la joie prend le dessus et la complicité renait entre eux.

 

CLIP OFFICIEL : « C’ LA FAUTE A PA’A BIYA ? » DE LADY B

Le nouveau clip de la rappeuse Lady B est déjà dans les bacs. Il s’agit bel et bien de « C’ la faute à pa’a Biya ? » disponible officiellement depuis hier vendredi. Un son qui conscientise dans la bonne humeur avec des touches rythmiques et cadencées. La composition de la chanson est l’œuvre de Sadrak et le clip est présenté par Boté Pictures.

« C’ la faute à pa’a Biya ? » : une prise de conscience

Lady B amène chacun par l’interpellation à prendre conscience des devoirs à remplir en tant que citoyen. Les uns et les autres ont des responsabilités et des engagements et ils doivent agir à cet effet. Le fait de décliner toute responsabilité n’est pas recommandable et le fait de rejeter la faute sur quelqu’un d’autre n’est pas la solution. Chacun doit faire ce qu’il a à faire pour son bien personnel, pour celui de sa famille, de sa communauté ou de la société. Les citoyens doivent avoir à l’esprit qu’ils ont des rôles à jouer dans leur vie et ce n’est pas une autre personne qui le fera à leur place.

Conscientiser par la bonne humeur et la danse  

Ce son pose des préoccupations et des problèmes mais dans une atmosphère détendue et accompagnée de la danse. Des faits pertinents et des exemples sont évoqués dans une bonne humeur au point de susciter le rire et la joie. Cette astuce ne date pas d’aujourd’hui mais s’avère primordiale pour attirer autant l’attention. Lady B représente en effet chaque citoyen de la société à travers un déguisement drôle afin de faire passer son message.

 

 

MEL B AKWEN SURFE EN MODE « BEAUTIFUL »

 

Je partage avec vous, les amoureux de la musique et mélomanes, ce classique, cette chanson, ce chef d’œuvre et cette mélodie intitulée « Beautiful » de l’artiste Mel B Akwen.

La mélodie faite de beauté « Beautiful »

Une mélodie douve et fine sur laquelle elle nous balade en contant la beauté de son vocal, de cette harmonie et de son histoire à la fois musicale et personnel. Elle surfe sur les vagues musicales de ce titre fait d’espoir, d’amour et de positivité. Elle prône l’attachement profond qu’est le love, les différents situations auxquelles elle fait face. Elle remets toujours entre les mains de Dieu, l’Éternel tout-puissant. Mel B narre son histoire devant son piano en pleine nature, une petite broussaille. Elle évoque aussi la récolte de son labeur et n’hésite pas à redoubler d’efforts car elle est belle et s’affirme ainsi.

 

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COCO EN MODE « COCO JACKSON » SANS ÊTRE ARGENTÉE

Le clip « Coco Jackson » est dans les bacs depuis le 215 juin dernier et nous voyons bel et bien l’innovation de l’artiste de Bikutsi Coco Argentée. Elle a apporté une touche nouvelle tout en étant influencé par les chef d’œuvres grandioses du roi de la Pop Michael Jackson. Cependant, en voulant se mettre dans la peau de « The king of Pop », elle a oublié sa fourrure « Argentée » et quelques détails seront apportés pour illustrer cette idée.

En mode Coco Jackson sans être Argentée

Sa preuve de création et son innovation sont certainement salutaires et remarquables mais il y a quelque chose qu’il ne faut pas oublier. La touche personnelle de Coco qui est le Bikutsi n’est pas assez dominant en termes de chorégraphies et d’habillement des danseurs et autres protagonistes qui ne renvoient pas à l’Afrique subsaharienne et au Cameroun.

Dans le clip, il y a trois scènes importantes qui renvoient précisément et brièvement à Michael Jackson à savoir Thriller (la danse avec les zombies), Smooth Criminal  (où il est vètu en veste, pantalon et chapeau tous de couleur blanche) et enfin Remember the time (au temps des pharaons). Il n’y a aucune scène pleine et longue où elle est elle-même c’est-à-dire Argentée. Elle pouvait pleinement s’identifier à son registre et son contexte. Je pense que cette culture camerounaise a beaucoup manqué dans ce clip et cette chanson avec des référents tels que l’habillement, les instruments de musique traditionnels et l’usage de la langue maternelle.

La cohérence du message ; les scènes et la chorégraphie de danse en place  

Elle fait son message et prône toujours l’amour et une place prépondérante de la femme dans le foyer et les ménages. Elle montre l’image d’une femme imposante et omniprésente. Les différentes scènes du clip ne sont pas négligeables et la chorégraphie de danse donne une crédibilité à ce clip. Les danseurs sont vêtus de la même manière et leur danse effectuée de façon remarquable en synchronie. Ces détails donnent également du mérité au vidéogramme en question.

 

 

MINK’S DE RETOUR AVEC LE NOUVEAU CLIP « LE NUMBER »

Le rappeur Mink’s revient avec le nouveau single et clip « Le Number » une version remix du titre Le number de ma nga qui est un extrait de l’album Tranches De Vie. Le son parle d’un fait qui existe bel et bien dans notre société et ce clip est réalisé par Dr Nkeng Stephens. Nous allons donc montrer la différence entre la première version et son remix. Nous reviendrons également sur la performance de Mink’s.

La différence entre « Le number de ma nga » et « le number »

Le number de ma nga est un son audio qui figure dans l’album Tranches de Vie de Mink’s. Le beat est conçu de la même manière avec une âme identique que celui de Panthères 2.0. L’esprit est identique et il rappe sur ce beat avec une technique semblable comme sur Le number de ma nga. Cependant, Le Number est son nouveau clip et son single, le beat de ce vidéogramme est purement africain avec des percussions et une cadence propre à l’Afrique. C’est le remix, la version soignée, pensée, murie et réfléchie du son audio inclus dans cet album évoqué ci-dessus.

« Le number »: un son qui s’inspire du réel et la performance de Mink’s

Cette chanson s’inspire de la réalité, du vécu quotidien des jeunes et du phénomène « Taper dos ». Un mec qui courtise la petite amie ou la femme d’un pote ou d’un proche à son insu mais lorsque la vérité éclate, c’est la lumière du soleil qui éclaire tout. Il évoque ces faits afin d’interpeller et d’amener les uns et les autres à prendre encore conscience. Mais Mink’s a utilisé la même technique de rap bien qu’il y a des touches et des changements sur ce nouveau single. En passant, le scénario du clip est une particularité et témoigne cette histoire de « taper dos » entre les jeunes.